Master Class "ECOLE D'ACTEUR"

14 Mai 2012 - 19h00 - Théâtre du Vieux-Colombier (Paris).


Présentation :

Qu’est-ce que le travail de l’acteur ? De quoi se compose son art, comment se constituent sa pratique, son métier, son entraînement ? « Quel plus beau sujet, et quel lieu plus adéquat pour l’aborder que la Maison de Molière ? », demande Olivier Barrot. À six reprises, l’écrivain et journaliste recevra sur le plateau du Théâtre du Vieux-Colombier un comédien de la troupe, interrogera avec lui ses années d’apprentissage, les rouages de son art. L’acteur, au fil des questions et de la rencontre, livrera une véritable master class : selon son école et ses maîtres, comment il a appris à marcher sur un plateau, à considérer ses partenaires, à prononcer la prose, à dire un alexandrin, à contrôler son souffle et sa concentration, à maîtriser le silence... « Théorie, application, exercices, poursuit l’organisateur : chaque aspect de ce travail bien particulier, et finalement assez mal connu, devrait être approché, et illustré par la démonstration. »

Source : Comédie-Francaise.


Critique : 

La petite salle du Vieux-Colombier est pleine en ce 14 Mai 2012 pour écouter Thierry Hancisse parler de son métier.Une musique comme un générique ou un prologue, et le comédien s'installe aux côtés d'Olivier Barrot, qui dirigera cette master-class, et façe à son public.

Au fil des questions, il revient sur les balbutiements de sa carrière, alors qu'il n'était encore qu'un jeune étudiant Belge, pas très grand lecteur ni spectateur de théâtre, et qui finira par réaliser quelques années plus tard le rêve obsessionnel qu'il s'était mis en tête : Entrer à la Comédie-Française. 

"Le Belge est naïf" plaisante-t-il au micro de l'animateur de France Culture. Est-ce donc cette naïveté qui l'a poussé aussi loin à réaliser ses rêves, ou bien cette soif de découverte du théâtre, "un moyen d'expression très proche de la peinture" à laquelle il se destinait d'abord ? 

Au fil de la conversation, Thierry nous parle de son parcours, de son professeur à Florent et "maître", François-Xavier Hoffman. Il nous parle aussi de cette question tombée comme un couperet de la bouche de Jean-Luc Boutté, qu'il admire, quand il avait 25 ans : "De quel droit tu fais du théâtre ?", et de comment elle a forgé sa vision du théâtre et de sa légitimité à être sur la scène. 

Plusieurs pièces sont évoquées, et à chacune d'entre elles le comédien nous raconte une anecdote intéressante et en profite pour développer un aspect de sa vision du théâtre et de son travail. Comme celle de l'époque de La Vie est un Songe où, n'arrivant pas à franchir un cap qu'il jugeait nécessaire pour son rôle de Sigismond, il entretint alors une relation étroite, psychologique, presque folle avec un enfant décédé qui fit la une des faits divers. Il lui parle, se confie à lui, pleure pour lui, souffre pour lui, l'identifie même à son propre fils alors du même âge, et petit à petit se sert de cette douleur pour créer SON Sigismond. 

"Les personnages de théâtre ont tous un rapport à la mort, y compris les personnages de comédie, même si c'est une mort burelesque"

On comprend alors en l'écoutant parler que pour qu'un personnage existe dans son entièreté et dans toute l'émotion qu'il peut dégager, il est  nécessaire, presque indispensable même, que le comédien ait un rapport étroit avec la mort, pour et par rapport à son personnage.


Au final, on comprend beaucoup de choses sur le théâtre avec Thierry Hancisse, qui réussit avec brio et non sans beaucoup d'humour à captiver l'assistance durant 1h30 et à montrer les véritables aspects et les véritables difficultés de ce si beau métier qu'est celui de comédien. 

Date de dernière mise à jour : Dim 16 déc 2012

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